Impossible de parler des fresques participatives à Lorient sans évoquer quelques noms qui reviennent souvent, que ce soit sur les murs ou dans les réunions d’associations. Voici une sélection d’artistes qui ont marqué le centre-ville ces dernières années :
- Lélé Avel – une figure locale du street art
- Joël Grondin – le chef d’orchestre des grands murs collaboratifs
- Sylvia Langlais – l’art du collectif au féminin
- Tito&Toto – le duo pour qui la participation, c’est un jeu d’enfant
- Nath Most – l’engagée de la couleur et du dialogue social
Lélé Avel, alias le marin du bitume
Fils de pêcheur, Lélé Avel (son pseudo signifie « vent » en breton) a commencé par bomber des poissons sur les murs de Keryado avant d’embarquer dans les grands projets de fresques participatives, notamment celles de la rue Paul Bert et du parc Chevassu (Source : Ouest-France, édition Lorient, 2022). Sa marque : il fait toujours dessiner une partie de la fresque aux enfants du quartier, pour ramener « un morceau d’enfance dans les souvenirs muraux de la ville ». On lui doit aussi la fameuse fresque du marché de Merville, réalisée en plein air, pinceau à la main pour les plus jeunes, à la bombe pour les plus grands.
Joël Grondin, la fresque comme vallée des histoires
Joël Grondin, c’est le gars qu’on appelle dès qu’il faut organiser un projet XXL avec des habitants de tout âge. Ancien prof d’arts plastiques, il anime depuis 10 ans les ateliers de la Maison de Quartier du centre-ville. Sa spécialité : construire un imaginaire collectif avec les participants, souvent à partir du patrimoine local. Exemple frappant : la fresque de la place Alsace-Lorraine, où plus de 100 volontaires se sont relayés sur une semaine entière. Joël privilégie l’acrylique au rouleau pour permettre à chacun de trouver sa place, même les novices. Anecdote : lors d’un projet en 2021, des seniors ont proposé d’ajouter des citations bretonnes en filigrane, astuce qui est depuis devenue un clin d’œil récurrent dans ses œuvres (Morbihan.fr).
Sylvia Langlais, ou l’art de broder le lien social
Éducatrice spécialisée de formation, Sylvia Langlais revendique une approche inclusive à chaque étape. En 2023, on lui doit la fresque du carrefour du Faouëdic et celle, très remarquée, du parvis de la Cité Allende. Son process : elle commence toujours par une période d’écoute auprès des habitants, puis propose des croquis préparatoires collectifs, avant de passer à la réalisation. Sylvia travaille en majorité avec les écoles primaires et les maisons de retraite, pour offrir une fresque où chaque génération laisse une trace. Selon elle, « chaque projet est une sorte de carnet de ville ouvert à tous » (Courrier Bretagne).
Tito&Toto, le duo qui met la couleur dans les cours de récré
Tito&Toto, c’est le binôme bien connu des écoles et des centres sociaux de Lorient. Eux, leur spécialité, c’est d’inventer des concepts ludiques pour que même les plus timides posent leur empreinte. Leur grand chantier : la fresque de la halte garderie municipale, peinte à coups d’éponges, de mains trempées dans des couleurs vives… et de rigolades. Leur fil rouge : chaque fresque participative se termine par une grande photo de groupe devant le mur fraîchement terminé, « pour immortaliser l’effort collectif sur Instagram et dans les albums photo de famille » (Interview Le Télégramme 2023).
Nath Most, le message avant tout
Militante associative, Nath Most met de la revendication dans chacune de ses fresques, y compris les fresques participatives du centre-ville. En 2022, elle a piloté un projet autour de la diversité culturelle dans le tunnel piéton de la gare. Elle propose toujours des ateliers de préparation autour de l’écriture (slogans, poèmes, etc.), pour que la fresque soit aussi un espace d’expression des habitants. Elle privilégie l’utilisation de couleurs franches, et refuse les thèmes déjà vus. Un de ses credos : « une fresque participative doit donner la parole à ceux qui la feront ». On lui doit l’inscription éphémère (à la craie, pour faire réagir) « Lorient, ville ouverte » avant la peinture finale, qui a provoqué beaucoup de discussions sur place (Université Bretagne Sud – Actualités, 2022).